Article BP du 23.05.07

mercredi 23 mai 2007

DEMANDE DE CONTRE-EXPERTISE ACCORDÉE A L'UEPA
Eglise d'Arc-sur-Tille : « restauration à un moindre coût »

  photo illustrant l'article du BP du 23.05.07 


Des pierres de l'église Saint-Martin sont récemment tombées, sans faire de victimes ni dégâts (photo archives BP-LD)
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L'église Saint-Martin, d'Arc-sur-Tille, dont l'avenir suscite le débat depuis des années, a fait l'objet d'une seconde décision de justice. La cour administrative d'appel de Lyon a reconnu le bien fondé de la demande de contre-expertise déposée par l'association UEPA, qui lutte pour sa restauration.

E difiée au XIXe siècle, l'église Saint-Martin d'Arc-sur-Tille a été construite sur des pieux en chêne dont les têtes sont endommagées et pourries par les mouvements alternatifs de la nappe phréatique, phénomène provoquant des affaissements de la construction. Ce problème, qui a débuté il y a plus de 25 ans, a nécessité la fermeture du bâtiment en 1989. Depuis, l'avenir du lieu de culte fait l'objet d'une vive polémique qui dépasse largement, aujourd'hui, le cadre de la commune.
En 1991, des habitants ont créé l'association Une église pour Arc-sur-Tille (UEPA). En 1993 et 1995, deux études menées par des architectes des Monuments historiques ont conclu à la possibilité de restaurer l'édifice après des travaux de reprise en sous-Suvre et de consolidation. De son côté, la municipalité souhaite depuis longtemps une déconstruction au profit de l'installation d'une nouvelle salle de culte comprenant 150 places.
Soutiens du monde entier
Peu à peu, l'UEPA a réussi à intéresser le conseil général, le conseil régional, le ministère de la Culture et même l'ambassade de France à Washington. Le 23 mars 2006, TF1 avait diffusé un reportage sur cette église et les tensions qu'elle suscite. Tracts, pétitions, multiplication des contacts médiatiques et même site internet, l'association a décidé ne pas baisser les bras.
Ces derniers mois, la mise en sécurité du bâtiment est devenue urgente car des pierres sont tombées, sans pour autant faire de victimes ni dégâts. Ces faits sont venus aviver la flamme du débat autour de ce qui est devenu une affaire nationale, voire mondiale au regard des nationalités diverses des spécialistes s'intéressant au problème, et aux soutiens financiers qui parviennent désormais à l'association depuis le monde entier.
L'UEPA, qui réfute les études officielles, a récemment produit un nouveau rapport établi par un architecte du Patrimoine. Celui-ci confirme que l'église peut être sauvée grâce à des travaux de stabilisation définitive du terrain, ce qui permettrait une restauration complète. Cette nouvelle étude établit le coût de cette première tranche de travaux à 324 000 euros, chiffre contesté par la municipalité. La solution de la déconstruction a ainsi été maintenue par le conseil municipal.
La municipalité déboutée
L'UEPA, qui déclare avoir été « exclue » du comité de pilotage réunissant les instances régionales et représentants de la préfecture, a donc décidé d'entamer une action en justice devant le tribunal administratif de Dijon, lequel a reconnu le 22 février dernier le bien fondé de sa demande de contre-expertise. Suite à une requête en référé formulée par la mairie contre cette décision, la Cour administrative d'appel de Lyon est venue confirmer le premier jugement par ordonnance du 2 mai en déboutant la commune d'Arc-sur-Tille.
André Fanjaud, président de l'UEPA, bien que satisfait de cette décision, déplore au nom de l'association « un cheminement juridique contraire à une volonté de dialogue de l'UEPA, qui s'est heurtée à une opposition systématique de la part de la municipalité ». « Il s'agit d'un gaspillage de temps, d'énergie et d'argent des contribuables au détriment de la restauration de l'Eglise Saint-Martin, patrimoine irremplaçable de notre ville. L'association appelle à cette entente qui lui semble plus que jamais indispensable pour avancer » ajoute-t-il.
Près de 2 700 signatures
L'UEPA disposerait aujourd'hui de près de 2 700 signatures et de plus de 100 000 euros de fonds auxquels s'ajouteraient 100 000 euros supplémentaires engagés par un mécène anonyme. « De très nombreux architectes et spécialistes du patrimoine soutiennent l'analyse de notre architecte (.) Ces 200 000 euros pourraient financer plus de deux tiers de l'opération de stabilisation du terrain (.) On peut sauver cette église à moindre coût, à condition de se donner la main », déclare André Fanjaud.
Cette nouvelle décision de justice fera-t-elle pencher la balance du côté de la restauration ? Le maire d'Arc-sur-Tille n'a pas souhaité réagir sur le sujet. En tout cas, la bataille d'experts ne semble pas terminée.
Nicolas MANZANO