L’église St Martin d’ARC-sur-TILLE en Bourgogne
Après la fermeture, en novembre 1989, de la seule église d’Arc-sur-Tille, ville de 2 500 habitants à 12 km Est de Dijon, et la création de notre association UEPA (Une Eglise Pour Arc/Tille) en novembre 1991, une longue maturation s’étire jusqu’en février 2001, avec, entre autres, deux études très précises et complémentaires par des architectes des monuments historiques.
Malheureusement, les progrès réalisés, proches des appels d’offres, sont gelés par la construction d’une salle de sports programmée avant la fermeture de ce remarquable patrimoine de 1829, puis remis en cause par l’arrivée, en mars 2001, d’une autre municipalité bien décidée à liquider le dossier.
Après un simulacre de collaboration, le maire s’enferme très vite dans le rejet de tout dialogue, refusant même de recevoir l’architecte du patrimoine qui, rémunéré par nos soins, présente un projet de restauration cohérent et financièrement acceptable. Enfin, décision unique en Bourgogne, le 6 décembre 2005, il fait voter la démolition de l’église, sans projet de remplacement.
La lettre de protestation de 29 architectes du patrimoine et plusieurs milliers de pétitions via notre site internet uepa.fr n’y font rien. Les instances locales, trompées par des documents non crédibles, entérinent le vote municipal, sauf notre Archevêque qui exige un autre « lieu de culte viable et pérenne » pour pouvoir accepter de signer une éventuelle désacralisation, bloquant ainsi une démolition scandaleuse et injustifiée.
Nous sommes alors contraints d’ester en justice. Le tribunal administratif de Dijon nous donne raison et désigne un expert pour une contre-expertise. Le maire fait appel. Il est débouté par la Cour Administrative d’Appel de Lyon et condamné à verser 2 000 € à notre association.
Sensibilisé par nos multiples interventions, le ministère de la culture envoi 2 inspecteurs généraux à ARC.
Leurs conclusions sont sans appel : « ... les avis alarmistes sont infondés et le coût de 3 M€ pour la restaura- tion est très largement surestimé. » (comparer les chiffres paragraphes suivants (*)
Un retournement des mentalités se manifeste de plus en plus clairement en faveur de la protection du patrimoine religieux non classé, non seulement de la part des instances nationales, mais aussi, de l’Episcopat de France.
En mars 2008, une nouvelle municipalité prend le pouvoir, animée par un esprit d’ouverture, de dialogue et de collaboration étroite, avec la volonté de sauvegarder le patrimoine autant que faire se peut.
En attendant le rapport de l’expert du TA, elle fait enlever, en novembre 2008, les 4,8 tonnes de fientes des pigeons qui ont squatté l’ensemble de l’église, fait boucher leurs accès et protéger l’édifice ouvert aux intempéries. Coût de ces opérations : 19 800 € ; notre association les finance à hauteur de 18 000 €. Fin décembre, notre premier mécène compense largement ce montant par un don de 20 000 €.
Avec 1 an de retard, les rapports de l’expert et du sapiteur (économiste) arrivent en mai 2009, leur absence ayant bloqué toute réflexion constructive des nouveaux élus.
Malheureusement, hormis le chiffre de 1 538 160 € HT pour une restauration complète, irréfutable car certifié par le sapiteur (*) des contradictions et incohérences dans le rapport de l’expert contraignent les élus à différer leur décision.
L’équipe municipale trace aussitôt son plan de route puis lance les appels d’offre auprès des architectes, non sans adopter, lors du CM du 5 octobre 2009, une promesse de vente de terrains communaux, (dont celui de la chapelle provisoire qui sera détruite), une partie de cette vente étant destinée au dossier de l’église.
Le 24 novembre 2009, le cabinet d’architectes est choisi avec mission, après consultation d’entreprises, de pré- senter ses études comparatives (*) entre la restauration et une démolition-construction nouvelle.
Le 6 avril 2010, l’équipe mandatée présente en mairie différents projets de restauration, celui d’une « démolition - reconstruction » n’étant que la copie d’un chiffrage antérieur à 1 280 160 € HT. (*)
(*) Pour une comparaison chiffrée équitable, indépendamment de la perte irréversible d’un patrimoine historique et architectural remarquable, une démolition-reconstruction à minima (250 places au lieu de 400 pour l’église actuelle), ne pourrait prétendre à aucun financement associatif, privé, ou de mécénat, contrairement à la restauration.
Depuis cet été, le maire et ses adjoints consultent les instances officielles (Etat, CG, CR, etc..) pour connaître leur engagement de soutien au financement des travaux.
Une fois les chiffres connus dans un délai maintenant proche, le conseil municipal pourra voter en pleine connaissance de cause.
En attendant cette ultime étape décisive, que chacun, dès aujourd’hui, se manifeste concrètement en signant la pétition si ce n’est déjà fait et en nous adressant un don, si modeste qu’il soit !
Nous comptons sur vous ! Vous pouvez compter sur nous !
Arc sur Tille le 15 septembre 2010

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Voir aussi :
Principales étapes (02 février 2009)
Des origines à nos jours. (07 octobre 2008)